Scandale au Vatican : Le Cardinal Becciu Condamné

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C’est le candale au Vatican! Un tribunal pénal du Vatican a prononcé une condamnation historique à l’encontre du Cardinal Giovanni Angelo Becciu, suscitant des interrogations sur la gestion financière de l’Église et le pouvoir du Pape François.


Le Cardinal Giovanni Angelo Becciu, autrefois l’un des hauts responsables les plus puissants de l’Église, a été condamné à cinq ans et demi de prison par un tribunal pénal du Vatican pour des crimes financiers. Cette affaire largement médiatisée a soulevé des questions sur la gestion financière aux échelons les plus élevés de l’Église et sur le pouvoir du Pape François.

Cette condamnation représente une chute spectaculaire pour l’ancien chef de cabinet du Pape François. Pour certains, elle jette une ombre sur le pontificat de François, tandis que pour d’autres, elle témoigne de son engagement à remettre de l’ordre dans les finances de l’Église.

Cependant, le procès, qui a duré plusieurs années et impliqué de nombreux hauts responsables ecclésiastiques, a soulevé des questions sur le système judiciaire du Vatican, la compétence de ses responsables, ainsi que sur le style de gouvernance du Pape François, en plus des crimes réels du Cardinal Becciu.

Le Pape François a modifié le droit du Vatican pour permettre au Cardinal Becciu d’être jugé par un tribunal pénal du Vatican, plutôt que par un tribunal composé de ses pairs cardinaux. Une première pour un cardinal!
Les accusations formelles, portées plusieurs mois après cette modification, incluaient la fraude, le détournement de fonds, l’abus de pouvoir, le blanchiment d’argent et l’extorsion, principalement liés à une transaction immobilière à Londres qui a coûté des millions d’euros au Vatican.

Le juge en chef, Giuseppe Pignatone, a prononcé la sentence, reconnaissant la complexité inhabituelle du procès. Celui-ci portait sur une transaction immobilière de 350 millions d’euros à Londres traitée par le secrétariat d’État, l’organe administratif suprême du Vatican. Les procureurs ont affirmé que la transaction avait coûté de l’argent à l’Église tout en enrichissant des intermédiaires, au détriment et à la tromperie du Vatican. Le Cardinal Becciu était le numéro 2 au secrétariat d’État lors de l’investissement dans un fonds qui a participé à l’achat de la propriété londonienne. La transaction a été finalisée par son successeur au secrétariat.

Le Cardinal Becciu a été reconnu coupable de détournement de fonds et de fraude, mais acquitté de plusieurs autres chefs d’accusation. En plus de la peine de prison, il a été interdit d’occuper un poste public. Son avocat, Fabio Viglione, a maintenu l’innocence de son client et a annoncé son intention de faire appel.

Parmi les neuf autres accusés, certains ont été condamnés pour certains chefs d’accusation et acquittés pour d’autres, tandis qu’un a été totalement acquitté. Le groupe comprenait d’anciens employés du Vatican, des financiers basés à Londres, des consultants financiers et même un expert en intelligence engagé pour aider à payer la rançon d’une religieuse colombienne enlevée par des militants djihadistes au Mali, un cas non révélé auparavant par le Vatican.

Le Cardinal Becciu a maintenu son innocence depuis son limogeage en septembre 2020 de son poste de responsable du département de canonisation du Vatican. À l’époque, il avait déclaré que le Pape l’avait renvoyé en raison d’allégations de corruption.

Le procès a suscité un débat sur le pouvoir du Pape François, certains le voyant comme un réformateur audacieux et d’autres comme un leader autoritaire. Des questions sur la légitimité d’un tribunal composé uniquement de juges et de procureurs italiens ont également été soulevées, compte tenu de la portée internationale de l’Église catholique romaine.

Au-delà des condamnations, le procès est considéré comme ayant lancé un grand débat sur le pontificat de François, et si certains applaudissant sa volonté de provoquer des changements radicaux, d’autres critiquent son style de gouvernement autocratique. Les avocats de la défense, de leur côté, ont vivement contesté la modification des lois par François, remettant en question l’indépendance du système judiciaire du Vatican. La manière dont le Pape a influencé le processus judiciaire a également été critiquée, certains le qualifiant de monarque absolu d’un des plus petits États du monde.

En effet, les actions de François dans les mois qui ont précédé le procès ont mis en lumière son pouvoir absolu sur l’un des plus petits États du monde. Le pape a effectivement nommé les juges qui ont instruit l’affaire, ainsi que les procureurs, et a secrètement modifié quatre lois pendant l’enquête pour favoriser ses procureurs, ont affirmé les avocats de la défense.

« Le pape cumule en lui-même le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif, et qui plus est, le pape a changé les règles dans ce procès », une disposition pratiquement inouïe dans les pays démocratiques, a déclaré Giovanni Maria Vian, ancien rédacteur en chef de L’Osservatore Romano, le journal du Vatican.

 

« L’affaire laissera une ombre« , a déclaré de son côté Alberto Melloni, historien et expert du Vatican. En permettant à un cardinal d’être jugé par des civils laïques, François a créé un précédent qui « jettera un discrédit très fort sur l’Église« , a-t-il ajouté, soulignant que de nombreux cardinaux ne comprenaient toujours pas la décision du pape. « La sévérité de la peine rendra difficile pour le pape de savoir quoi faire ensuite« , a-t-il ajouté.

Le rédacteur en chef du site d’information catholique Crux, John Allen, a déclaré que c’était « comme un conte de deux récits ». Les alliés et les partisans décrivent le procès comme étant « Francis le grand réformateur, promouvant une nouvelle culture de responsabilité et de transparence au Vatican », tandis que « compétitionne avec cela le récit du pape-dictateur, selon lequel il s’agit de François exerçant une autorité arbitraire et, de certaines manières, pratiquement illimitée, de manière à bousculer non seulement la tradition, mais aussi, les droits de l’homme, essentiellement ».

Dans l’ensemble, le procès, composé de 85 audiences, a révélé un tableau désolant des luttes internes, des scandales et de la négligence au Vatican. Le débat sur François, en tant que réformateur ou leader autoritaire, restera un aspect majeur de l’héritage de ce procès.

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