L’Intelligence Economique (IE), un outil indispensable au sein des Relations Internationales

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L’Intelligence Economique (IE), un outil indispensable au sein des Relations Internationales

« Dans un monde de conflits, dominé par la violence, la stratégie introduit l’action de l’intelligence », écrivait Hervé Couteau[1]. Depuis toujours, la stratégie était utilisée par les États en vue de mener leurs actions, et sa pratique faisait incontestablement appel à l’information, qui depuis des lustres se revêtait d’un enjeu stratégique pour l’ensemble des nations.

On peut, à titre d’exemple, souligner le réseau d’intelligence des britanniques, mentionné par Fernand Braudel, qui partait du port de Gènes et qui couvrait tous les secteurs de la mer Méditerranée à l’époque de Philippe II ; Ou encore le recueil systématique de l’information économique, politique, sociale et stratégique des envoyés officiels des royaumes de France, d’Angleterre et d’Espagne afin de fournir à leurs monarques des informations cruciales, permettant non seulement de bien connaitre l’ennemi, mais également qui dictait la conduite des alliances et des négociations[2].

Si au XXIème siècle, la globalisation du système économique démontrée par la prolifération des marchés, et l’intensification de la concurrence sont devenues incontournables, primordiale sera la maîtrise de l’information. Le développement technologique permettra une diffusion de l’information quasi-instantanément. Il en revient alors aux acteurs économiques (les états dans notre cas), de savoir exploiter l’information. Cette exploitation requiert néanmoins une démarche organisée et structurée que certains appellent intelligence économique (ou encore veille concurrentielle). Ce qui forcément nous amène à la question : Qu’est-ce-que l’intelligence économique ?

Vers les années cinquante, l’acquisition des informations amenait à parler de surveillance, soit un processus dynamique se renouvelant sans cesse, et se nourrissant de l’ensemble des données provenant des différentes sources auxquelles peut avoir recours  l’organisation[3], ce concept évoluera vers les années quatre-vingt, et l’on parlera de veille[4], pour aboutir vers 1990-2000 à l’intelligence économique. Thème que l’on garde encore aujourd’hui.

 

Christian Harbulot, stratège français, et spécialiste en intelligence économique définissait ce concept, soit « l’intelligence économique », comme étant la recherche et l’interprétation systématique de l’information accessible à tous, dans un objectif de connaissance des intentions et des capacités des acteurs[5]. Bernard Besson et Jean-Claude Possin, tous deux experts en intelligence économique, l’ont défini comme étant la maîtrise concertée de l’information et la coproduction de connaissances nouvelles. Elle est, écrivent-ils, l’art de détecter les menaces et les opportunités en coordonnant le recueil, le tri, la mémorisation, la validation, l’analyse et la diffusion de l’information utile ou stratégique à ceux qui en ont besoin[6]. Ils ont rajouté qu’il s’agit d’un outil de production qui construit des connaissances inédites, et des renseignements constituant des ressources stratégiques, à forte valeur ajoutée. Et qu’il est en ce sens un outil d’anticipation, de management des connaissances, mais aussi de management par la connaissance. Son objectif étant de réduire le champ d’incertitude et de créer de la vision pour rendre les décisions de moins en moins aléatoires[7].

Et enfin, on peut prendre cette définition d’Henry Martre qui considère l’intelligence économique comme l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution en vue de leur exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l’entreprise, dans les meilleures conditions de qualité, de délais et de coût[8].

Si de ces approches nous nous en contentons, on peut faire le lien entre trois expressions pour parler d’intelligence économique : Collecte de données, traitement et exploitation.

Bien avant de parler de son apport aux relations internationales, voyons de façon plus précise sa fonction et sa démarche, et dans une seconde partie, on verra son omniprésence au sein des relations internationales, tout en l’illustrant. 

[1] Hervé Couteau Bégarie, Traité de stratégie, Economica, 1999, P. 54.
[2] Intelligence économique et nouveau paradigmes de l’interaction concurrentielle Philippe BOUMARD 1996 P6 et 7.
[3] THIETART (1984, p.98) : Processus de surveillance de l’environnement.
[4] Ensemble des techniques visant à organiser de façon systématique, la collecte, l’analyse, la diffusion de l’exploitation des informations techniques utiles à la sauvegarde et à la croissance des entreprises »Rouach D., « La veille technologique et l’intelligence économique », Presse universitaire de France, Paris, 1996, p 17.

[5]  C.Harbulot, La machine de guerre économique, Economica, 1992, p.91.
[6] B.Besson, JC.Possin, L’audit d’intelligence économique, Mettre en place et optimiser un dispositif coordonné d’intelligence collective, 2ème éd., 2002, Dunod, p.3.
[7] B.Besson, JC Possin, Du renseignement à l’intelligence économique, Cybercriminalité, contrefaçon, veilles stratégiques : Détecter les menaces et les opportunités pour l’entreprise, Dunod, 2ème éd., 2001, page 2 et 20.
[8] Rapport Intelligence économique et stratégie des entreprises, Commissariat général au Plan, groupe de travail présidé par Henri Martre, La documentation française, 1994, p.16.

Partie I- Buts et démarches de l’IE

L’IE a de multiples fonctions au sein d’un état, sa survie et son bon fonctionnement en dépendent. Elle sert aussi bien à défendre qu’à saisir des opportunités. On aura en ce sens[9] :

   A- Fonctions de l’IE

  • L’IE a tout d’abord une fonction informative, qui permet d’avoir à disposition l’information nécessaire à l’État (exécutif, législatif, judicaire). C’est sa tâche la plus élémentaire. Cette information fait développer les connaissances, permet de reconnaitre les problèmes, d’innover et donne une vision panoramique de l’environnement concerné. Deux types d’informations sont à prendre en considération: celles de portrait et celles ciblées. Les premiers se rapportent aux potentiels de l’acteur étudié, et permettent l’évaluation de sa capacité d’action et de réaction ; Les secondes concernent sa mentalité, ses valeurs et ses choix.
  • L’IE a également une fonction anticipative permettant la détection des menaces et des opportunités. Les menaces consistent essentiellement en la protection de l’information, il y a les menaces de captation (soit la divulgation de documents) ; les menaces de banalisation (soit une structuration non efficiente d’une donnée), ou encore les menaces d’illusion, d’intrusion, d’écoute, de piratage informatique Les opportunités touchent également plusieurs aspects, soient les nouveaux savoirs, les nouveaux partenariats, et l’exploration de nouveaux horizons entre autres.
  • Et enfin, on peut parler de la fonction proactive de l’IE. C’est elle qui fait la réelle différence d’avec la surveillance en ce qu’elle intervient dans la prise de décisions, soient d’actions futures.

Il en résulte de ces fonctions que l’IE permet aux États le management, la structuration,  l’élaboration et la conduite des stratégies de l’État, et de faire des analyses comparatives (benchmark[10]).

   B- Démarches de l’IE

Si de prime abord, l’IE semble être simple, afin qu’elle soit exploitable, sa démarche se veut plus ou moins scientifique, ou encore méthodique. Aucun État  (ou une organisation quelconque) ne peut se prévaloir de pratiquer l’IE sans une marche à suivre. Ce serait avancer sans repère, sans boussole. Les démarches que nous présenterons ici se feront en cinq (5) étapes :

 

  • L’estimation des besoins:

Bon nombre d’auteurs se sont mis d’’accord sur le fait qu’en politique, les amis et les ennemis varient selon  les temps et les circonstances. « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts permanents », disait Henry John Temple[11];  De Gaulle de son côté disait qu’ « un grand pays n’a pas d’amis. Les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d’État »[12]. On peut de ces idées en déduire qu’un État doit toujours être à l’affût, toujours être sur ses gardes afin de savoir quelle alliance tisser en fonction de ce à quoi il fait face.

Et justement dans la démarche de l’IE, pour éviter un surplus d’informations dans un domaine, ce qui pourrait au lieu d’apporter plus d’efficience à la décision avoir un effet antagoniste, cette étape s’avère d’une importance capitale. Elle permet la délimitation du champ de surveillance, et du périmètre de la veille dépendamment d’un besoin qui peut être général ou ponctuel. Ce qui nous amène à une distinction à faire entre une surveillance généralisée, et une surveillance ciblée. Celle-là octroie à un État la capacité d’analyser son environnement proche (villes/provinces, pays frontaliers, régions, zones maritimes…) et lointain (continents, espaces communs…), en se projetant dans le futur ; Elle permet le signalement de partenaires futurs, donne un regard d’ensemble (regard extérieur), diminue le risque de surprise tout en répondant à des besoins plus généraux. Celle-ci par contre, face à une exigence particulière permet d’y répondre en faisant une classification en fonction des domaines et du degré d’importance des éléments de solution.
Si tantôt nous avons parlé de l’importance de la fonction d’information, celle-ci intervient à ce niveau en permettant à l’État de choisir parmi les données dont il dispose, quel acteur en tenant compte de sa potentialité, de sa capacité, et de sa mentalité lui conviendrait le mieux au vu de son besoin.    

  • La collecte des informations :

Si l’information se trouve au centre de l’IE, on ne peut passer outre  sa collecte. Le point important à souligner est qu’elle est légale, sa collecte doit se faire en n’outrepassant pas le cadre de la loi, ce qui d’ailleurs, fait toute la différencie de l’IE d’avec l’espionnage et des ses consorts. Et pour ce faire, deux (2) typologies de sources doivent en considération être prises : 

– D’abord les sources dites formelles, elles englobent les ambassades, les consulats, la presse, les ouvrages, les bases de données, les brevets, les normes, les études privées ou publiques, les médias, les rapports, etc.

– Et les sources dites informelles, soient les citoyens ordinaires, les missions et voyages d’études, les expositions, les foires, les salons, les colloques, les congrès, les séminaires, les associations professionnelles, les comités, les syndicats, les réseaux, etc.

  • Le traitement de l’information :

Cette étape dans la démarche de l’IE rend possible la transformation des informations brutes collectées (fragmentaires, hétérogènes) en un ensemble homogène porteur de sens. Faute de quoi, les informations seront disponibles mais d’aucunes valeurs. L’ensemble d’informations traitées, et l’ensemble d’informations brutes (culture de l’information) sera mémorisé de façon qu’elle soit utilisée aussi bien dans le présent que dans l’avenir. Le traitement de l’information exige son évaluation, son analyse, sa synthèse, la vérification de sa véracité, et sa structuration. Cette étape est la plus importante, et la plus délicate dans la démarche de l’IE, elle fait appel à des spécialistes devant combiner connaissances, expériences, savoir-faire et flair. Durant cette étape, ces spécialistes feront la compression des informations, le rejet des informations inutiles, et tout ceci, en ne se détachant point du besoin déterminé au préalable. Ils doivent rattacher des informations qui, à première vue semblent privées de sens, à d’autres informations suivant une logique rationnelle. C’est de cette étape que part le gain de temps du décideur, de ce traitement de données éparpillées et d’informations brutes en un bloc homogène, concis, logique et rationnel.

  • L’exploitation de l’information

De bon sens serait dépourvue l’IE si après la détermination des besoins, la collecte et le traitement de l’information, on s’en arrêterait là. L’apport (la plus-value) de l’IE se fait avec l’exploitation de l’information. Ceci peut se faire via sa diffusion permettant ainsi aux autres (ministères, collectivités territoriales, entreprises privées/publiques, citoyens…) d’en bénéficier. Avec la connaissance de son environnement, l’acteur n’avance pas en eaux troubles, il sait comment influencer celui-ci, et comment s’y comporter. L’exploitation de l’information permet également à un État de savoir quand il est en position de faiblesse, et de faire des concessions.

*Une différence est à faire entre données, informations et connaissances. Les données ce sont des nombres, des mots, d’événements existants en dehors d’un cadre conceptuel de référence, ce sont des informations brutes ; Alors que les informations sont des données, traitées et transformées, commençant à avoir un certain sens ; Et quand aux connaissances,  il s’agit de l’ensemble des informations traitées qui justifieront les choix des décideurs[13].

 

[9] Intelligence-éco «  L’intelligence économique est la maîtrise et la protection de l’information stratégique pertinente par tout acteur économique. »Alain Juillet.

[1O] Le benchmark est en effet une technique marketing basée sur l’analyse comparative. Développée dans les années 1980, elle vise à étudier et analyser d’autres entreprises pour optimiser ses propres techniques de gestion et modes d’organisation.

[11] « We have no eternal allies, and we have no perpetual enemies. Our interests are eternal and perpetual, and those interests it is our duty to follow. » Henry John Temple, Lord Palmerston, Speech to the House of Commons (1848).

[12]Charles de Gaulle – Extrait d’un entretien au magazine Paris Match, le 9 décembre 1967. 

[13] L’information au cœur de l’intelligence économique stratégique ; Jean-Louis Monino, Dans Marché et organisations 2013/2 (N° 18), pages 25 à 39.

Partie II- Manifestation de l’IE dans les Relations Internationales

« Celui qui connait son ennemi et se connait lui-même mènera cent combats sans danger ; celui qui ne connait pas son ennemi mais se connait lui-même remportera une victoire pour une défaite ; celui qui ne connait ni son ennemi ni lui-même sera en danger à chaque combat »[14]. Considéré comme le plus grand stratégiste chinois, Sun Tzu (ou Souen Tseu, ou Sun Wu), faisait de la formule « vaincre sans combattre » son principe clé [15]. Et si toutefois il fallait combattre, l’information serait au centre de l’issue de la guerre, apportant ainsi l’idée que si en soi la guerre n’est pas bonne, il faut cependant s’y préparer, les combats étant couteux et ruineux, ils devraient être dans la mesure du possible évités[16]. L’héritage de Sun Tzu s’est prolongé à d’autres États. A titre d’exemple, citons Liddle Hart, historien, stratège militaire et officier d’infanterie britannique de la seconde guerre mondiale, qui à ce propos écrivait que « les essais de Sun Tzu sur l’art de la guerre, constituent le plus ancien des traités connus sur ce sujet, mais ils n’ont jamais été surpassés quant à l’étendue et à la profondeur du jugement. Ils pourraient à juste titre être désignés comme la quintessence de la sagesse sur la conduite de la guerre. Parmi tous les théoriciens militaires du passé, Clausewitz est le seul qui lui soit comparable. Encore a-t-il vieilli davantage et est-il en partie périmé, bien qu’il ait écrit plus de deux mille ans après lui. Sun Tzu possède une vision plus claire, une pénétration plus grande et une fraîcheur éternelle »[17]. Avec les changements au sein des relations internationales, les conflits délaisseront les champs de confrontation habituellement connus (espace terrestre, maritime et aérien), et si l’interdiction de la guerre [18] avait déjà fait l’objet de quelques textes à portées internationales[19], tels la Convention de Drago-Porter[20], le pacte Briand-Kellog[21], ce sera après la deuxième guerre mondiale lors de la Conférence de San Francisco, qui donnera naissance à l’Organisation des Nation-Unies (ONU) qu’elle sera vraiment interdite à travers les articles 2 et 4 de la charte de cette dite organisation[22], outre les exceptions de l’article 51. Et depuis la fin de la guerre froide, les rapports du système international ont été modifié avec la mondialisation, la sphère militaire cédait à l’économie. La puissance se rapportait à l’économie, et les Etats-Unis, voyant remettre en question leur suprématie par l’émergence (ou la réémergence comme le disent certains) de nouvelles puissances comme la Chine, ou l’approche structurelle et culturelle de l’intelligence économique d’autres pays comme le Japon, ont fait rejoindre dès le début des années 1900 la notion de sécurité économique à la question de la sécurité nationale. Ils ont d’ailleurs une vision plutôt claire en ce sens, il s’agit de détenir la supériorité dans le domaine de l’information, à savoir la capacité à collecter, traiter et diffuser l’information en flux continus, et empêcher dans le même temps l’adversaire d’acquérir cette capacité[23]. Voyons de façon plus précise comment l’IE se concrétise dans les relations internationales[24].

   A- L’IE dans la politique étrangère

La conduite de la politique étrangère[25] d’un État poursuit un double objectif, soient la sécurité de cet État, et la stabilité des autres États nécessaires à la pérennisation de celle-ci[26]. Ce double objectif s’étend aussi bien aux sphères politiques qu’économiques :

  • La dimension économique

A première vue, l’ossature des relations internationales est visiblement devenue économique. L’équilibre mondial, la puissance des nations, la prévention des crises, les facteurs de tension se manifestent bien avant en termes d ’organisation des échanges, de système financier, de contrôle de l’inflation, de taux de croissance, d’inégalités du développement, d’endettement des uns ou d’excédent des autres, autant de dossiers économiques qui reviennent inlassablement à l’ordre du jour des grandes réunions internationales, que ce soit au G7-G8, aux assemblées des organisations internationales ou au forum de Davos[27]*[28]*[29]. Les moyens de pression et de séductions sont aussi économiques[30], et les entreprises sont présentes lors des voyages officiels. Des observateurs tels Paul Kennedy, Jeffrey Garten, Edward Luttwak et Lester Thurow avaient même annoncé l’effacement de la géopolitique devant la géo-économie, ils voyaient en l’effondrement de l’ex-URSS la cession des confrontations Est-Ouest à des blocs économiques concurrents. Il a été tel que l’IE au travers du volet économique a fait l’objet de nombreuses études, et a donné naissance à quatre (4) courants : La guerre économique, la sécurité économique, la compétitivité économique et la diplomatie économique[31].

– La guerre économique : Ce concept a beaucoup dominé la pensée de l’IE jusqu’au milieu des années 2000, en raison d’une part de nombreux écrits à son sujet, avec Bernard Esambert et Christian Harbulot qui la définit comme « la poursuite de la guerre par d’autres moyens »[32], et d’autre part avec les travaux médiatiques. La guerre économique fait appel à un ensemble de valeurs centrées sur la notion de patriotisme économique[33] et ira même à revendiquer un état de légitime défense économique. Ne faisant pas l’unanimité, ce concept sera rejeté par des économistes appuyant le libre-échange[34], et certains chercheurs. Les concepts de conflictualité et de violence économique seront associés à l’IE. Malgré la multitude d’acteurs sur la scène internationale économique, ce champ est plus proche des relations interétatiques. Après un moment creux, ce concept fera de nouveau surface[35]*[36].

– La sécurité économique : A défaut de modus vivendi sur le concept de « guerre économique», la posture dite de « sécurité économique » sera adoptée[37]. Considéré comme un concept d’ajustement, il sera vu des différents courants de l’IE comme le plus petit diviseur commun. Elle défend de valeurs telles l’intérêt national, la cohésion sociale, la légalité, la sécurité, et le service public. Si le concept est consensuel, elle est tout de même restreinte par les partisans d’une IE à caractère géostratégique, et ceux d’une IE libérale aspirant à une posture plus offensive.

– La compétitivité économique : C’est le principal courant de l’IE, il s’applique indifféremment aux acteurs économiques (entreprises, territoires ou États), quoiqu’il y a des divergences en ce qu’il s’agit d’un État ou d’une entreprise[38]. Les valeurs défendues par ce paradigme sont les notions de performance, d’innovation, d’efficience, et dans une moindre mesure et sous réserve d’inventaire, d’éthique et de responsabilité sociale et de développement durable[39]. Appuyée par l’État, cette posture d’IE jouit du soutien de structures étatiques agissant en supports à la démarche stratégique des entreprises. Néanmoins, dire que l’IE est un outil de compétitivité  peut la réduire à l’exposé d’une fonction et d’un processus, soit un faire-valoir théorique et méthodologique (illustré par la définition du rapport Martre), censé résoudre les problèmes stratégiques posés par l’économie de la connaissance dans un contexte de compétition internationale. La réalité de l’IE comme instrument de compétitivité est beaucoup plus complexe qu’il ne le parait, et démontre que très malaisément l’information parvient à s’intégrer aux processus de décision, elle a tendance à entretenir l’incertitude au lieu de la diminuer. Son développement exige une véritable culture de l’information et du renseignement chez les décideurs, mais aussi un management de l’information et de la communication.

-La diplomatie économique : Cette locution est considérée comme un courant émergent et non un paradigme. Définie comme un ensemble d’activités visant des méthodes et des procédés de la prise internationale de décision relative aux activités économiques transfrontières dans le monde réel, son domaine d’action est le commerce, l’investissement, les marchés internationaux, les migrations, l’aide, la sécurité économique et les institutions modulant l’environnement international. Ses outils sont les relations, la négociation et l’influence[40].  Selon Claude Revel, l’association de la diplomatie économique multilatérale à la mondialisation l’amène à toucher à l’explosion des échanges internationaux, à la nécessité de nouvelles règles du jeu pour les réguler et à la transformation de notre société globale en société de l’information, avec des moyens de communication et d’expression immédiats et planétaires, qui induisent des modes de fonctionnement et de décisions nouveaux, dont l’utilisation à grande échelle des techniques d’intelligence et d’influence[41]. Les valeurs défendues par ce courant sont le développement durable, d’éthique et d’harmonie dans le cadre multilatéral de relations internationales[42].

*Si à priori l’économie semble primer, ses initiatives ou les postures adoptées sous-tendent néanmoins un dessein politique. Moins encombrante que le militaire, elle permet de faire pression de façon plus modulable, quoiqu’elle puisse être à double tranchant, et ne garantit pas forcément le résultat escompté[43]. L’économie s’est certes développée en une sphère à part entière, mais elle reste entremêlée avec la politique, l’Union Européenne l’illustre bien en ce que sa substance qui se repose sur des accords d’ouverture des marchés, de normes communes, d’adoption d’une monnaie qui répond à une autonomie économique, mais représente également un grand projet politique, soit l’Europe comme une grande puissance pour les uns, comme un espace d ’échanges et de liberté pour les autres, ou encore comme un modèle civique au regard des normes de l’État de droit, de la coopération internationale et des droits de l’homme[44].

  • La dimension politique

Comme nous l’avons tantôt dit, la politique étrangère d’un État vise sa sécurité, et la stabilité des autres État  jouant un rôle dans le maintien de celle-ci. En nous focalisant sur le concept de sécurité, une évolution est à remarquée, elle ne se résume plus qu’à la défense nationale, elle se rapporte aux conflits extérieurs[45], et ce changement justement, affecte la politique étrangère et fait appel à l’IE dans les relations internationales. La transposition  de la défense nationale aux conflits extérieurs permet d’identifier deux postures étatiques : a) Le soutien d’un État à un autre en conflit[46], et b) La neutralité d’un État soit en étant à l’écart, soit en cherchant un moyen de résolution du conflit, position qui est le plus fréquemment adoptée car aucune diplomatie ne cherche à se faire de nouveaux ennemis, même lors de la guerre froide avec les grandes coalitions[47] le choix n’était pas évident. Deux objectifs en vue peuvent amener un État dans sa politique étrangère à opter pour la résolution d’un conflit qui ne le concerne pas directement, soit l’intérêt, cet objectif concerne les États riverains du conflit, ou ceux positionnés dans son environnement régional ; Soit le pouvoir qui concerne les grandes puissances globales.

L’attention porté aux conflits extérieurs par un État tiers peut se traduire également soit par le fait qu’il ne veut pas que l’une des parties belligérantes s’effondre  complètement,  soit parce qu’il soutient la cause défendue par l’une des parties, soit parce que l’effondrement de l’une des parties serait producteur d ’une forte instabilité régionale[48], ou encore parce qu’il porte en lui-même une responsabilité dans l’irruption ou la prolongation de ce conflit. Ainsi à côté du but principal de l’ONU à savoir la poursuite du maintien de la paix et de la sécurité internationales, on trouve l’apport des États dans leurs politiques étrangères, et cela a fait fructifier les moyens de résolution de conflit. Des auteurs ont évoqué les concepts de résolution des conflits[49], de régulation des conflits[50], de transformation des conflits et de prévention des conflits qui selon l’ancien secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali consiste à empêcher les conflits politiques de devenir violents, l’aggravation des conflits déjà violents et l’éclatement nouveau des conflits déjà traités par la négociation[51]*[52].

S’agissant d’intervention tierce, les procédés diplomatiques et politiques de règlement pacifique des différends[53] font tous appel à l’IE. On trouve ainsi :

L’enquête qui consiste dans la désignation d’une commission d’enquête chargée de présenter un rapport sur la base d’un examen objectif de la situation qui a abouti au conflit et à l’analyse des faits. Un exemple est le mandat conféré en 1980 par une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU à un groupe d’experts indépendants pour le contrôle de l’utilisation d’armes chimiques interdites. Cette commission a rempli sa mission en 1982 au Sud-est asiatique et au Pakistan[54].

Les bons offices désignant l’action amicale d’un tiers pour rapprocher les parties. L’intervention de la France en Octobre 1984 ayant conduit à la libération de 4000 prisonniers palestiniens en échange de 6 prisonniers de guerre israéliens à titre d’exemple.

 – La médiation qui se manifeste par l’octroi d’un mandat à un médiateur par les parties. A titre d’exemple, la médiation de M. Iglesias, Président de la Banque interaméricaine de développement pour tenter de régler le conflit qui opposait le Canada et la France depuis 1986 au sujet de la pêche dans les eaux canadiennes de l’Atlantique et du Golfe du Saint-Laurent ainsi qu’au large de Saint-Pierre et Miquelon. Accord conclu en 1989.

A coté de ces procédures, on trouve les règlements politiques soit par l’intervention de l’ONU au travers des organes compétents tels le Conseil de Sécurité (qui peut user de la force en ce qu’il s’agit d’une menace à la paix ou d’acte d’agression), l’Assemblée générale ; ou les organisations internationales à portées limitées : régionales (UA, OEA, Ligue Arabe) ou spécialisées (OACI).

*La prévention des conflits qui affaiblit assurément la souveraineté des États, et pouvant être appliquée que par le Conseil de Sécurité est la méthode qui fait le plus appel à l’IE. Elle peut être pratiquée tôt (avec un travail de veille et des instruments d’analyse et de prévision), ou tard (en réaction aux signaux annonciateurs d’une crise). Cette notion a certes connus des échecs, le génocide de Rwanda par exemple, mais, elle a également fait ses preuves, citons la démarche des USA en 1979  avant l’éclatement d’une guerre de libération nationale en Namibie[55], et le rétablissement de l’unité nationale du Burundi après 1996 comme illustrations.

   B- Un modèle d’IE

L’IE est pratiquée par de nombreux États, et pour la plupart, au niveau international, elle se fait avec les ambassades et les consulats. Dans cette partie, nous présenterons de façon succincte au vue de sa multi dimension l’IE à l’américaine.  

Le modèle Américain : L’IE à l’américaine est le modèle le plus prolifique à notre sens, elle est comme une pieuvre à de multiples tentacules, sa pratique se rapproche de la « competitive intelligence ». De façon globale, on va le présenter au travers de son histoire, de ses objectifs et de ses organismes.

Historicité : Ce sera sous l’impulsion du Society of «competitive intelligence Professionals (SCIP) que l’IE l’américaine sera réellement pratiquée. Par la suite, Leonard Fuld, Ben Gilad et Jan Herring en 1996 fonderont le premier établissement de formation entièrement dédié à la CI : Le Fuld-Gilad Herring Academy of «competitive intelligence, et dix (10) points feront leurs objets d’études[56]. Très vite perçue comme un instrument essentiel pour se faire une place dans la compétition économique mondiale, la stratégie des États-Unis prendra en considération l’importance de la puissance économique, et grâce aux objectifs du président Bill Clinton, cette discipline s’évoluera considérablement.

Objectifs : La stratégie américaine en matière d’IE vise à : faciliter à tous l’accès à l’information sur des actions économiques d’intérêt national, à améliorer la cohésion nationale, à la maîtrise des technologies de l’information, à faire développer les entreprises américaines sur leurs concurrents, soient les marchés et les politiques économiques étrangères, et à coordonner les politiques économiques intérieures avec les grands défis de l’économie mondiale. Ces objectifs varient en fonction des agences, et peuvent donc concerner un domaine précis, à titre d’exemple, citons le fait que la NSA s’occupe que du renseignement d’origine électromagnétique (communication utilisant les ondes radios, satellitaire, les radars…)

Organismes d’IE : La communauté du renseignement (IC) concerne un groupe d’agences de renseignement distinctes du gouvernement des États-Unis, œuvrant à la fois séparément et collectivement afin de bien conduire les activités de renseignement qui interviendront dans l’élaboration de la politique étrangère et des intérêts de sécurité nationale des États-Unis. Coordonné par l’IC, elle-même rattachée à la Maison Blanche, on trouve des agences de renseignement tels la CIA avec In-Q-Tel, le NEC, la NSA, des agences du Pentagone, du département d’État, du FBI, du département du Trésor, des gardes-côtes, le Department of Homeland Security[57], l’Information Security Oversight Office (ISOO)[58].

L’IE à l’américaine est encore plus extensive qu’elle ne le parait, le mixage public-privé américain fait que les sources d’informations soient non seulement multiples, et touchant à différents domaines tels l’internet (GAFAM), la politique, les médias (CNN), mais avec l’extraterritorialité des lois américaines (Foreign Corrupt Practices Act ;FCPA), la suprématie du dollar, l’omniprésence de leurs compagnies de technologie, ou tout simplement l’effectivité de l’établissement d’un lien de rattachement avec les États-Unis, elle permet selon la justice américaine (DOJ) de sanctionner bon nombre d’entreprises étrangères (Les cas de Alstom, BNP Paribas, Airbus sont des cas d’écoles). Selon un article de La Tribune, de 2010 à 2019, les entreprises françaises ont payé plus de 14 milliards de dollars à la justice américaine dans le cadre FCPA. Et d’autres cas tels  le motoriste français Safran (17 millions de dollars en 2022), le sidérurgiste italien Tenaris (78 millions de dollars en 2022), la société suisse Vitol spécialisée dans le négoce en matière première (90 millions de dollars en 2020)[59] sont entre autres à signaler.

Cette  pratique de l’IE bien sûr fait polémique, et crée l’ambigüité sur de nombreux concepts tels l’espionnage, l’extraterritorialité, le renseignement entre autres.

 

[14] L’art de la guerre ou Sun Zi Bingfa, Article III, 26. Traduction de Valérie Niquet, Economica 1999.
[15] Id., 3
[16] L’art de la guerre ou Sun Zi Bingfa, Article III, 26. Traduction de Valérie Niquet, Economica 1999. P. 100.
[17] Sun Tzu, L’art de la guerre, édition de Samuel B. Griffith, 1963, Flammarion, 2008, « avant-propos » de B. H. Liddell Hart, P. 10.
[18] La guerre, Que sais-je no 55.
[19]   Les Etats avaient tenté d’encadrer le recours à la force. Ce fut tout particulièrement le cas au cours des deux conférences internationales de la paix de La Haye en 1899 et en 1907.
[20]  Article 1er de la convention (II) concernant la limitation de l’emploi de la force pour le recouvrement de dettes contractuelles adoptée le 18 octobre 1907 à La Haye.
[21]  « Les Hautes parties contractantes déclarent solennellement au nom de leurs peuples respectifs qu’elles condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renoncent en tant qu’instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles » : article 1er du pacte Briand-Kellogg.
[22]  Selon M. Viraly, l’article 2 § 4 constitue « une véritable mutation du droit international, un changement qu’il n’est pas excessif de qualifier de révolutionnaire » : « Article 2 paragraphe 4 » in
J.-P. Cot, A. Pellet (dir.), La Charte des Nations Unies. Commentaire article par article, Paris, Economica, 2e éd., 1991, 1171, p. 115-128.
[23] DoD, Joint Vision 2010.
[24] Il est à souligner que nous avons évité d’écrire « relations interétatiques » en lieu et place de relations internationales. Le système international étant composé de différents acteurs, aussi bien étatiques que non-étatiques, il nous est paru plus convenable de parler de relations internationales.
[25] Jérémie Cornut et Élie Baranets, Théories des relations internationales, c 2019. 
[26] Politique étrangère, nouveaux regards ; Chapitre 10 : La politique étrangère et le règlement des conflits, I. William Zartman.
[27] Destler (Irving M.), Making Foreign Economic Policy, Washington DC, The Brookings Institution, 1980.
[28] Frieden (Jeffrey A.), Lake (David A.) (eds), International Political Economy : Perspectives on Global Power and Wealth, Boston, St Martin’s Press, 2000.
[29] Garten (Jeffrey E.), A Cold Peace : America, Japan, Germany and the Struggle for Supremacy, New York, Times Books, 1992.
[30] Kaufman (Burton I.), Trade and Aid : Eisenhower’s Foreign Economic Policy, Baltimore, The John Hopkins University Press, 1982.
[31] L’intelligence économique : un concept, quatre courants ; Franck Bulinge, Nicolas Moinet ; Dans Sécurité et stratégie 2013/1 (12), pages 56 à 64.
[32] La guerre économique, un instrument des stratégies de puissance ; Christian Harbulot, Alice Lacoye ; Dans Géoéconomie 2008/2 (n° 45), pages 73 à 84
[33] Carayon, 2006.
[34] Krugman, 2000 ; Cohen, 2004.
[35]Delbecque et Harbulot, 2011, Laïdi 2012, Charpier 2012.
[36] Le magazine économique « L’Expansion »  titrait en couverture de son numéro double de décembre-janvier : « 2013. L’année de la guerre économique »
[37]Ce paradigme est du aux travaux du ministère de l’Intérieur et en particulier de l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES, 2008).
[38] G. Ardinat, « La compétitivité, un mythe », Le Monde diplomatique, n°703, octobre 2012.
[39] L’intelligence économique : un concept, quatre courants ; Franck Bulinge, Nicolas Moinet ; Dans Sécurité et stratégie 2013/1 (12), pages 56 à 64.
[40]Bergeijk et Moon, cités par C. Revel, « Diplomatie économique multilatérale et influence », Géo économie, hiver 2010-2011, pp. 59-67.
[41] C. Revel, « Diplomatie économique multilatérale et influence », Géo économie, hiver 2010-2011, pp. 59-67.
[42] F. Bulinge, Intelligence économique : l’information au cœur de l’entreprise, Nuvis-CIGREF, 2013.
[45] Pour une bonne appréhension du mot conflit, on le prendra dans une dimension globale, soit le fait qu’il peut partir d’un simple différend pour aboutir à la violence, soient les conflits armés internationaux (CAI) et les conflits armés non-internationaux (CANI).
[46] Le soutien des états occidentaux notamment les USA, la France et l’Angleterre aux ukrainiens dans le conflit russo-ukrainien qui se déroule actuellement illustre très bien ce point de vue.
[47] L’embarras des grandes puissances ont été vu lors des conflits israélo-arabes de 1948, 1956, 1967, 1973 et 1982. Les États-Unis deviendront incontestablement les alliés de l’état hébreu qu’en 1973.
[48] Le conflit du Sahara occidental dans le Maghreb à titre d’exemple ; réf : Mohsen-Finan (Khadija), Le Sahara occidental : les enjeux d ’un conflit régional, Paris, c n rs, 1997.
[49] Sandole (Dennis), Van de Merwe (Hugo) (eds), Conflict Resolution in Theory and Practice, Manchester, Manchester University Press, 1993.
[50] Zartman (I. William) (ed.), Peacemaking in International Conflict, Washington, us Institute of Peace, 2002.
[51] Boutros Ghali (Boutros), An Agenda for Peace, New York, Nations unies, 1994.
[52] Lund (Michael), Preventing Violent Conflicts, Washington, us Institute of Peace, 1996.
[53] Simone Dreyfus, 1992 (4ème édition), Droit des relations internationales, Paris, Cujas, P. 190.
[54] Ibid
[55]Zartman (I. William), La résolution des conflits en Afrique, Paris, L’Hannattan, 1989.
[56] Sources: http://www.academyci.com/About/herring.htm.
[57] Rapport 1664, sur la stratégie de sécurité économique nationale.
[58] Il s’agit en réalité d’un bureau qui prend la relève de celui créé en 1976 par Richard Nixon, le Interagency Classification Review Comitee (comité inter agences de surveillance des documents classés).
[59] Quel impact des sanctions extraterritoriales américaines sur les entreprises françaises ? Une cartographie d’Augustin de Colnet ; Le 4 janvier 2023 par Augustin de Colnet.

Conclusion

L’IE intervient sur les territoires tant au niveau local qu’international, certains considèrent que même les individus font de l’IE. Si les réalisations d’un État soient au travers de ses fonctions régaliennes, (soient la sécurité, la justice…) et les autres fonctions de l’Etat providence ou encore l’État moderne, (soient la santé, l’éducation, le développement économique…) servent à l’échelle internationale au rayonnement d’un pays, l’IE quant à elle intervient comme l’étincelle qui en donne un sens. Elle permet à un État de ne pas s’isoler, d’être un acteur dans le concert des nations tant au niveau économique, politique, culturel et social. L’IE au sein des RI fait interagir les acteurs  étatiques et non étatiques, si ceux-là font le recueil de données et le renseignement, ces informations sont mises à profit de ceux-ci qui interviennent au niveau des marchés, permettant ainsi à leurs états soient de pouvoir faire pression, soient d’avoir accès à plus d’informations, soient d’avoir une position stratégique chez l’autre. Elle ne suit pas une démarche précise, et chaque État la pratique en fonction de sa capacité d’action, de son influence et de ca culture.

Peu importe la puissance et la démarche adoptée par un État, la pratique de l’IE est aujourd’hui plus que nécessaire à sa pérennité.

Écrit par MINTOR Georges Samuel, détenteur d’une licence en Droit Public, et étudiant en Master II de Géopolitique et de Relations Internationales. 

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